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Gros temps pour les éoliennes


Le premier parc éolien offshore de France, au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Crédits photo : Caroline Paux /Hans Lucas via AFP.
Le temps se gâte pour les éoliennes ! Non seulement leurs performances énergétiques sont décevantes, leur longévité et leur recyclage jugés problématiques, mais elles sont accusées de gâcher le paysage, d'être bruyantes, de perturber les ruminants, de tuer les oiseaux et, s'agissant des installations en mer, de désorienter mortellement les cétacés tout en nuisant aux ressources halieutiques. Bref, d'être peu économiques et encore moins écologiques. En outre, leurs fabricants éprouvent des difficultés technologiques, tel le géant allemand Siemens (cf. LSDJ n°1947). Et voilà que la Cour des comptes européenne vient d'alerter sur un « dilemme écologique », rapporte Ouest-France (19 septembre, en lien ci-dessous). Dans un audit daté du 18 septembre relatif au déploiement des énergies marines renouvelables (EMR — apport en lien ci-dessous), l'organe de contrôle européen pointe un manque d'évaluation des conséquences sur l'environnement des champs marins d'éoliennes et les problèmes de cohabitation avec les pêcheurs : « Dans l'ensemble, les auditeurs craignent que l'essor des EMR en Europe se fasse au détriment du milieu marin, au-dessus comme au-dessous du niveau de la mer », résume le communiqué de la Cour des comptes européenne. Cet audit lui a permis d'analyser la situation de l'éolien dans quatre pays européens : l'Allemagne et les Pays-Bas, champions du développement des EMR, l'Espagne qui préfère carrément investir dans d'autres technologies, et la France, qui vient d'inaugurer son premier parc marin au large de Saint-Nazaire, ce qui la situe nettement à la traîne (en février 2022, Emmanuel Macron annonçait un objectif de 40 gigawatts (GW) d'éolien en mer en 2040, alors qu'aujourd'hui, notre unique parc marin en service produit... 0,48 GW contre 7,7 GW en Allemagne et 12,7 GW au Royaume-Uni). Rien de surprenant au demeurant : les Français sont les plus rétifs à l'installation d'éoliennes, qu'elles soient terrestres ou maritimes, comme vient de le rappeler le très populaire Stephan Bern, chargé par Emmanuel Macron de la Mission Patrimoine (cf. son interview au Dauphiné : « On défigure le pays avec des éoliennes qui ne sont pas souhaitées par les Français. ») Cet audit jette un froid sur les ambitions de l'UE qui compte beaucoup sur le développement des éoliennes en mer (fixes ou flottantes) pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Une ambition coûteuse, souligne ce rapport : près de 17 milliards d'euros d'aide ont été engloutis dans les EMR au cours des 15 dernières années. Les dernières nouvelles ne sont pas encourageantes pour le secteur éolien, ni d'ailleurs pour l'écologie. Comble du paradoxe, elles viennent d'Allemagne : avec le feu vert du gouvernement, le géant énergéticien allemand RWE a entrepris le 25 août de démonter des éoliennes à Garzweiler, en Rhénanie, dans l'ouest du pays, pour agrandir une mine de charbon à ciel ouvert, la plus polluante des énergies fossiles ! Philippe Oswald

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