Communiqué: ÉOLIENNES FLOTTANTES BRETAGNE SUD : RACCORDEMENT RTE
Chers amis,
je vous demande instamment de participer à l’enquête publique pour
vous opposer à l’atterrage de RTE sur la plage de Kerhilio à Erdeven, non seulement
parce que ce choix est incompréhensible, mais aussi parce qu’autoriser le
raccordement, c’est ouvrir la voie à tout le reste !
D’avance je vous remercie !
Claire Ferras-Douxami
Présidente d’honneur de l’AP2K et de la Fédération des Associations de Protection de la Baie de Quiberon, des Îles et du Grand Site Dunaire.
Le raccordement RTE et son enquête publique unique concernera les deux
parcs AO5 et AO9 au Sud-Ouest de Belle-Ile, soit au total 40 à 50 éoliennes de
plus de 340 mètres de hauteur (c’est-à-dire plus haut que la Tour Eiffel !) sur
flotteur béton ou acier de 100 mètres de côté.
L’enquête publique sur le raccordement par RTE a lieu du 17 août au 28 septembre
2028 dans les mairies des communes concernées. Elle ne porte pas sur les
éoliennes elles-mêmes, mais sur ce qui les reliera au réseau national : un poste
électrique en mer de 60 mètres de haut, situé à 23 kilomètres à l’ouest de Belle-Île et
29 kilomètres au sud de Groix, environ 36 kilomètres de câbles sous-marins jusqu’à
la plage de Kerhillio à Erdeven, puis 26 kilomètres de câbles souterrains jusqu’à un
nouveau poste 225 000 volts à Pluvigner. Le tracé traverse la zone Natura 2000 du
Grand Site Dunaire ainsi que le périmètre des mégalithes inscrits au patrimoine
mondial de l’UNESCO.
A l’issue de cette procédure, les décisions susceptibles d’intervenir sont une
AUTORISATION ENVIRONNEMENTALE pour les travaux d’atterrage à Erdeven avec
dérogations aux interdictions existantes pour la conservation des sites d’intérêt
géologiques, des espèces protégées animales ou végétales et de leurs habitats ...
puis des DUT, Déclarations d’utilité publique, qui emporteront la mise en compatibilité
des PLU des communes concernées par le passage des réseaux électriques (malgré
l’avis défavorable rendu par ces communes).
Vous pouvez manifester par voie numérique votre position personnelle en
l’argumentant :
avant la date butoir du 28 septembre, c’est-à-dire tout de suite pour ne pas
oublier !
Attention : l’enquête publique porte sur l’atterrage et non sur l’implantation des
éoliennes dans les deux parcs. C’est donc bien à la question de l’atterrage qu’il faut
répondre et non au principe des éoliennes, même si les deux sont nécessairement
liés, car une autorisation d’atterrage à Erdeven entrainera nécessairement l’accord
pour les deux champs d’éoliennes. Le premier AO5 a déjà été accordé au consortium
Pennavel et le second AO9 ne devrait pas tarder à être attribué.
Un bref résumé pour évaluer votre position et justifier vos arguments :
§ Depuis des années, l’AP2K (association de Protection de Kermahé-
Kerbourgnec à St Pierre Quiberon) avec la Fédération des Associations de
Protection de la Baie de Quiberon, des Îles et du Grand Site
Dunaire militent, non pour la suppression des éoliennes flottantes, mais pour
leur recul, possible techniquement précisément parce qu’elles sont flottantes.
Elles estiment que les effets d’une telle décision seront destructeurs pour les
paysages remarquables allant de Port Coton à la Pointe des Poulains à Belle Ile,
et pour la faune, la flore et la pêche dans cette zone. Elles notent l’insuffisance
des études préliminaires concernant l’atterrage et les zones maritimes
concernées et l’opposition générale de la population à un tel projet, dont l’État ne
semble pas tenir compte.
Le choix de l’atterrage à ERDEVEN est incompréhensible : la zone concernée
est située en espace Natura 2000, fait partie du Grand Site Dunaire et concerne
le périmètre des mégalithes mondialement connus inscrits au patrimoine mondial
de l’Unesco. D’autres hypothèses moins couteuses au plan environnemental
avaient été étudiées mais elles ont été écartées sans justification.
§ La plupart des communes du pays d’Auray (AQTA – 24 communes) ont émis un avis
défavorable au projet AO5 lors de leur consultation par le Préfet courant deuxième
semestre 2025, et les 6 communes concernées par le passage de RTE sur leur territoire et
auxquelles le Préfet demandait de modifier leur PLU en conséquence ont refusé de le
faire.
§ Le département du Morbihan, via son Président, David Lappartient l’a fait
également en signant quatre recours, dont deux contentieux, contre le projet (je
vous recommande de regarder la vidéo jointe) et en soutenant ouvertement la
Fédération des Associations.
§ La CNDP (Commission Nationale du Débat Public) chargée de ce débat, fait remarquer
dans son 5ème rapport intermédiaire du 1er juin 2026 que parmi les documents qui
doivent être annexés à cette enquête manquent les études archéologiques préventives à
mener sur la plage d’atterrage de Kerhillio à Erdeven. Or le sujet archéologique est
éminemment sensible à cet endroit. Elle avait déjà lors de la précédente enquête
publique en 2020 souligné vigoureusement le non-respect démocratique des modalités
de l’enquête.
L’UMIVEM (Protection patrimoine environnemental du Morbihan) a rendu un avis
défavorable au dossier RTE qui n’appliquerait pas correctement le principe ERC (Eviter,
Réduire, Compenser).
Le CONSEIL NATIONAL DE LA PROTECTION DE LA NATURE (CNPN) a rendu lui aussi un
avis défavorable et conclut que le dossier présente de nombreux défauts ; il demande au
porteur de projet de revoir celui-ci.
Enfin un argument puissant de mon point de vue : PRÉSERVER LA BEAUTÉ DE NOS
PAYSAGES est un besoin urgent pour l’équilibre de notre société. Voir à ce sujet l’article
joint de Marie Levaslot : « Le droit au beau est un droit pour tous » que j’aurais souhaité
écrire moi-même. Ce droit-là n’est ni de droite ni de gauche et n’est pas récupérable au
plan politique.


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